La science du son

 

La méthodologie de SYOS repose sur l'alliance de deux disciplines complémentaires, L'acoustique musicale et la psychoacoustique. Les becs SYOS ont été développés après plus de 5 années de recherche dans ces deux disciplines. Aujourd'hui, SYOS propose aux musiciens une infinité de nouvelles géométries personnalisées, ce qui permet réellement de sculpter l'esthétique sonore, indépendamment du matériau utilisé pour la fabrication du bec.

 

 
 

L'acoustique musicale

La psychoacoustique

Les matériaux

 

 

La psychoacoustique

 

La psychoacoustique, c'est quoi ?

La psychoacoustique est l'étude de la perception des sons. Cette discipline, à la croisée entre la physique et la psychologie, s'intéresse à la manière dont les ondes sonores sont perçues par notre système auditif et à la façon dont notre cerveau les interprète. Pourquoi percevons-nous certains sons plus fort que d'autre ? Qu'appelons-nous la hauteur d'un son ? Comment définit-on le timbre d'un instrument de musique ? Le psychoacousticien apporte des réponses à ces questions de manière expérimentale, en conduisant des tests sur des auditeurs et en étudiant la manière dont ils décrivent leur sensation.

Au cours de notre histoire, nous avons développé un langage précis et relativement consensuel pour décrire ce que nous voyons (les couleurs, les formes, les textures...). Nous avons du mal en revanche à décrire les sensations auditives avec des mots. Le physicien allemand Herman Von Helmholtz a été l'un des premiers scientifiques à tenter d'établir des liens entre les différentes sonorités des instruments de musique et des grandeurs acoustiques. Depuis, de nombreux chercheurs se sont intéressés à la question, et l'étude perceptive du timbre reste encore un vaste sujet de recherche aujourd'hui.

Pour établir les relations entre ce que perçois l'auditeur, ce qu'il décrit et ce qu'on peut mesurer, le psychoacousticien utilise des méthodes issues de la psychologie expérimentale, couplées à des analyses statistiques. Un schéma type d'une démarche psychoacoustique est présentée sur la figure ci-contre. Dans cet exemple, on cherche à établir des relations de proximités et de dissemblance entre plusieurs signaux sonores (A, B, C ou D), à partir des jugements d'un ensemble d'auditeurs. Ces dissemblances sont modélisées par des méthodes statistiques, ce qui permet d'étudier le lien entre ce qui est perçu par les auditeurs et le contenu du signal sonore.

 

 
 

Quel est le rapport avec les instruments de musique ?

La méthode précédente ainsi que d'autres méthodes issues de la même famille d'analyses peuvent être utilisées pour étudier la manière dont les musiciens perçoivent le timbre des instruments de musique. Un exemple très connu dans le monde de la recherche est l'espace des timbres de Stephen McAdams, qui est présenté sur la figure ci-contre. En appliquant le schéma précédent à des signaux sonores correspondant à la même note jouée par différents instruments de musique, McAdams a pu reconstruire les relations de proximités que notre cerveau établit entre les timbre de ces instruments. Pas moins de 88 musiciens ont participé à son expérience ! En écoutant deux à deux les 18 sons de l'étude, chaque auditeur a indiqué pour chaque paire la proximité entre les signaux sonores. Les analyses statistiques ont permis de reconstruire une carte perceptive moyenne de ces sons.

Cette étude fait ressortir trois critères très important que nous jugeons lorsque nous voulons identifier et différencier les sons : l'attaque (qui correspond à la partie initiale du son), le centroïde spectral plus communément appelé "brillance", et le flux spectral, qui est lié à la "richesse" du son.

 

Est-ce que cette étude s'applique au saxophone ?

L'étude de McAdams étudiait le timbre musical dans son ensemble, et ne fait pas intervenir de son de saxophone. Ce genre d'étude ne peut se pratiquer qu'avec un nombre de signaux sonore limité pour que les auditeurs ne fatiguent pas et que leur réponse veuille dire quelque chose. Imaginez-vous plusieurs heures dans une cabine isolée avec un casque sur la tête, à écouter successivement plus de deux cent paires de sons ! L'expérimentateur doit donc faire des choix. Le saxophone en lui-même fait l'objet de peu d'études scientifique. Quelques études comme celle de Jean-François Petiot en 2013 ou encore celle d'Arne Nykänen en 2015 ont eu recours à des méthodes psychoacoustiques pour caractériser les relations entre le timbre de l'instrument et les anches ou bien le corps du saxophone.

SYOS dispose d'un psychoacousticien aguerri, Maxime, qui conduit des études expérimentales avec des musiciens saxophonistes, professionnels comme amateurs, pour déterminer les relations entre les différentes sonorités et les nouvelles géométries de becs conçues par Pauline.

 

Vous habitez la région parisienne et vous voulez participez à une étude ? Laissez-nous vos coordonnées et nous pourrons convenir d'un rendez-vous !

 

Y a-t-il vraiment différentes esthétiques sonores ?

 
 
 
 

Chaque saxophoniste à sa propre façon de jouer et ses propres critères en terme d'esthétique sonore. Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter les extraits musicaux correspondant à trois saxophonistes ténor différents. Le son de Stan Getz par exemple, est très mat, feutré et détimbré. Le talent dont a fait preuve Stan Getz dans la maîtrise de ces sonorités lui ont d'ailleurs valu le surnom de "The Sound". Le son de John Coltrane, lui, reste détimbré mais a beaucoup plus de brillance, ce qui lui confère un côté nasal caractéristique (que l'on retrouvera au soprano dans "My favorite things", par exemple). Le dernier exemple est celui de Michael Brecker. Le son puissant, brillant et timbré qu'il déploie a inspiré tout une génération de saxophonistes.