Une clarinette posée sur une partition

Tout savoir pour bien débuter la clarinette

Vous avez toujours rêvé de vous mettre à la clarinette, et vous ne savez pas par où commencer ? Syos est là pour vous aider. Nous avons compilé plusieurs conseils et astuces pour vous donner toutes les informations nécessaires à une bonne prise en main de l’instrument. Vous pourrez ainsi tout savoir sur les bases d’une bonne embouchure, d’une colonne d’air efficace et sur les doigtés de base à maîtriser.

De quoi est constituée une clarinette ?

Une clarinette en soprano (en Si bémol), la plus utilisée, se compose de plusieurs parties : le bec, le barillet, le corps du haut ainsi que celui du bas, et le pavillon. On ajoute une anche (petite lamelle de roseau) sur le bec, maintenue en place par une ligature. C'est la vibration de l'anche lorsque l'on souffle à travers le bec qui va produire le son, comme sur un saxophone.

Il existe d’autres clarinettes que celle en Si bémol, de tailles plus ou moins grandes. Certaines ont un corps constitué d’une seule partie, ou sont divisées en d’autres endroits. Dans cet article, nous nous concentrerons sur la Si bémol, puisque c’est très probablement celle sur laquelle vous commencerez à jouer.

Une clarinette en Si bémol
Une clarinette en Si bémol

Les parties les plus importantes sont le bec (et l'anche) dans lesquels on souffle, ainsi que le système de trous et clétages qui permettront de jouer les notes.

Comment produire un son avec sa clarinette ?

La clarinette est un instrument à vent ; il faut donc souffler dans le bec pour que l’instrument produise un son. L’embouchure désigne le fait de placer le bec dans sa bouche de façon optimale pour produire un son stable.

La technique d’embouchure la plus utilisée consiste à placer sa lèvre inférieure par-dessus les dents, et d’y poser le bec (l'anche en contact avec la lèvre du bas). Ensuite, on referme la bouche en posant directement les dents du haut sur le bec (la mentonnière). Lorsque le bec est bien maintenu (mais pas trop serré, c'est là le secret) entre les dents du haut et la lèvre du bas (qui recouvre les dents du bas), on peut refermer la lèvre supérieure pour fermer hermétiquement la bouche autour du bec.

Une fois le bec positionné en bouche, il faut souffler ! Décontractez vos épaules, inspirez profondément, et soufflez en gardant votre embouchure bien stable : l'air doit traverser la clarinette, et pour cela le bec doit être maintenu entre les dents du haut et la lèvre du bas, mais pas écrasé!

Votre air doit être aussi le plus stable et continu possible. Pour cela, il faut que votre respiration soit profonde (sans hausser les épaules), et que le souffle prenne naissance dans la zone la plus basse des poumons.

Ce que l’on appelle la colonne d’air, c’est le flux d’air qui part du fond de vos poumons pour sortir du pavillon de votre clarinette. Ce flux d’air doit être soutenu et continu, c’est pourquoi il est important de détendre le haut de votre corps et de "pousser avec votre ventre" (taper respiration abdominale et diaphragme sur internet pour approfondir ce sujet !). Pensez bien à fermer votre bouche autour du bec de façon hermétique, afin d’éviter toute fuite d’air.

La colonne d'air d'une clarinette
La colonne d'air d'une clarinette

Commencer à jouer de la clarinette

Maintenant que vous savez comment faire sonner votre clarinette, vous allez pouvoir la faire chanter !

L’instrument se compose de 24 trous, que l’on bouche en actionnant des clés avec 9 doigts (le pouce de la main droite étant utilisé pour maintenir la clarinette). Le corps du haut comprend 9 clés : 2 en haut, 6 en bas, et une à l’arrière de l’instrument, la clé de douzième. Cette dernière permet de monter de douze notes, pour jouer dans le registre aigu. En plus des clés, on retrouve trois anneaux, qui ont la même fonction, et un trou libre, que l’on bouche avec un doigt. Le corps du bas, lui, comprend 8 clés : 3 en haut, une petite au milieu, et 4 en-dessous, en plus de trois anneaux. On décompte donc 17 clés et 6 anneaux, plus un trou.

Pour commencer, il est préférable de développer une belle sonorité et de l'aisance dans le registre grave (sans la clef de 12ème), avant d'attaquer les aigus. Les premières notes que vous jouerez seront sans doute le sol (aucun trou bouché), fa (juste le pouce gauche), mi (on rajoute l'index), ré (le majeur) et do (l'annulaire). Ensuite, on posera les doigts de la main droite, avant d'aller jouer avec les clefs supplémentaires en utilisant les petits doigts. Une bonne tablature sera votre alliée pour maîtriser tous ces doigtés.

Une tablature chromatique pour la clarinette
Une tablature chromatique pour la clarinette

Afin de vous aider à vous familiariser avec l’embouchure et les doigtés de la clarinette, s’en fabriquer une version simplifiée avec un tuyau dans lequel on fait des trous peut vous simplifier la tâche. C’est ainsi que Vincent Lochet enseigne la clarinette à ses élèves. Nous lui avons posé quelques question quant à cette technique :

  • Comment vous est venue l’idée d’enseigner la clarinette de cette façon ?

Une clarinette tuyau équipée d'un bec
Une clarinette tuyau équipée d'un bec

Plein d'artistes ont déjà fabriqué des clarinettes à partir de n'importe quoi (voir la vidéo carrot clarinet sur le web), et certains ont poussé le concept de "lutherie sauvage" assez loin (voir notamment les Lutheries Urbaines à Bagnolet qui font un travail extraordinaire).

J'ai donc tenté ma chance d'abord par plaisir et pour m'amuser, puis, lorsque j'ai entendu le son produit par ces tubes en plastiques, je me suis dit que l'idée valait le coup d'être creusée, et qu'il pourrait y avoir une application pédagogique, notamment pour les tous petits qui débutent la clarinette.

  • Quel est l'avantage de cette technique pour l'enseignement de la clarinette?

Les avantages sont multiples : c'est un instrument pas cher, le matériau de base coûte 3€50 le mètre! Le bricolage prend un peu de temps, mais à force, on perfectionne les techniques. Cela veut dire notamment que je peux avec cela débuter les élèves en groupe, même quand ils sont vraiment jeunes, sans le souci du matériel coûteux et fragile.

C'est ultra léger, et pour les jeunes enfants, c'est assez facile à prendre en main.

Ça reste une clarinette : on adapte sur le tuyau un vrai bec avec une vraie anche. Cela permet de placer dès le début les bases techniques (embouchure, respiration, production du son, détaché, nuances, etc.) sur un instrument beaucoup moins complexe qu'une vraie clarinette. On se concentre sur l'essentiel, et on essaie de développer dès le départ un rapport sain et joyeux à l'instrument.

Des clarinettes tuyaus avec de plus en plus de trous
Des clarinettes tuyaus avec de plus en plus de trous

De plus, on commence avec des tuyaux non percés, qui ne produisent donc qu'un seul son. En donnant un tuyau différent à chaque élève, on peut jouer dès le début des polyphonies ou polyrythmies intéressantes, et cela permet de rajouter une base technique et musicale indispensable à leur développement : le rythme !

Chaque élève n'a qu'un seul son à produire, mais il faut qu'il sache où (quand!) se placer dans la musique, et on aborde donc directement les notions de pulsations, d'écoute, de jeu à plusieurs, de respiration dans le tempo, etc. Dans un cadre de cours individuel, le tuyau aurait selon moi un intérêt bien moindre, mais en collectif, je n'ai pour le moment pas ressenti de frustration de la part des élèves.

Les tuyaux évoluent au fur et à mesure de l'année (je les perce) pour terminer sur une gamme majeure complète, puis l'étape suivante, c'est de passer à la "vraie" clarinette.

  • Merci pour toutes ces informations ! Pour finir, pourriez-vous nous décrire votre parcours ?

Mon parcours musical est assez académique : élève au conservatoire depuis petit, j'ai mis fin à mes études de bio pour me concentrer sur la musique, et passer petit à petit différents diplômes d'enseignement et d'interprétation dans les conservatoires régionaux et pôles supérieurs. J'ai enseigné la formation musicale (l'ex "solfège"!) puis la clarinette dans différents conservatoires de région parisienne, et parallèlement, j'ai toujours essayé de développer ma propre activité artistique, assez diversifiée : de la musique de chambre, à la formation jazz, en passant par l'orchestre, et même un groupe de rock assez punk... J'aime des répertoires très différents, j'aime improviser en jazz, autant que j'aime étudier les grandes œuvres.

La clarinette est l'instrument idéal pour ça : elle peut briller dans Mozart ou Brahms, swinguer chez Benny Goodman, être suave et charmeuse dans les musiques turques, exprimer les rires et les larmes dans le klezmer... C'est un instrument qui a mille facettes, et on n'a pas assez d'une vie pour découvrir toutes les musiques qu'elle a inspirées.

Remerciements à Vincent Lochet pour son aide dans la rédaction de cet article.

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Les auteurs

Pauline Eveno
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Maxime Carron
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Sylvie Leys
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